Pourquoi ils courent

 

Dans ces deux histoires, le caméléon rusé triomphe du lièvre méprisant.
Le voleur, personnage le plus détesté du village, recoit la punition qu'il mérite...
"Lorsque je demandais une histoire à mon père, il me disait : "Je veux bien mais où sont les gens qui vont me répondre ?". Rémy Boussengui

 
Livre + CD (durée 12min), dès 3/4 ans
Les Editions du Jardin des Mots, Collection "Les Petits Savoureux", 2014

 

ISBN : 978-2-9528176-9-1 / 30 pages

 

Pour les commander : www.lejardindesmots.fr

 

 

 

Entretien avec Cédric Lépine de MediaPart

 

Vous commencez votre spectacle en vous présentant comme l’étranger qui vient raconter des histoires pour remercier ses hôtes de l’avoir accueilli. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette pratique traditionnelle ?

 

R. B. : En effet, je me présente comme l’étranger, cette personne que l’on reçoit et qui vient apporter des nouvelles. Il s’agit là d’une tradition qui heureusement se poursuit au Gabon où celui qui arrive dans un village est accueilli avec les meilleurs mets que l’on peut lui offrir. J’ai à cœur de transmettre aux enfants ce sens de l’accueil à l’égard de celui qui est étranger ou simplement différent d’eux. J’essaie d’établir une relation avec le public comme cela se pratique dans mon village natal. Le conte n’appartient pas qu’au conteur mais à toutes les personnes présentes. Ainsi, au village on n’hésite pas à interrompre le conteur pour ajouter un mot, des éléments musicaux, etc. Bien évidemment, le public que je rencontre en France n’a pas nécessairement cette culture de l’interaction immédiate lors d’un spectacle. Il m’appartient donc de lui transmettre les clés pour pouvoir réagir en toute liberté sans peur du ridicule. Cette interaction avec le public est pour moi très importante.

 

Vous trouvez que c’est plus facile de mettre cela en place avec le jeune public qui n’est pas soumis aux habitudes que peut implicitement imposer le cadre du spectacle ?

 

R. B. : Avec le jeune public c’est en effet plus facile : lorsque les enfants sont entrés dans le spectacle, aucune gêne ne les empêche de s’exprimer. J’arrive parfois à avoir cette interaction avec les adultes mais c’est peut-être un peu plus long. Les enfants ne sont pas pour autant le public le plus facile mais lorsque l’on arrive à capter leur attention, ils participent sans aucune retenue.

 

D’où viennent ces histoires que vous racontez ?

 

R. B. : Ce sont des histoires que j’ai entendues lors de veillées au Gabon de la bouche de mon père et d’autres membres de ma famille. Le premier travail a consisté pour moi à traduire ces contes en français. Ensuite, comme tout conteur, je dois m’approprier le récit. Comme je suis également musicien, il m’arrive de créer des passages musicaux pour aérer le conte, pour soutenir l’histoire. Il y a toujours pour moi un travail d’adaptation à partir d’un conte traditionnel en fonction aussi du public que je peux avoir. Ainsi, sur le conte de l’abeille et du singe, je prépare une phrase que je répète et que le public est invité à répéter : ce chant nous permet d’être ensemble.

 

Retrouve-t-on dans les contes traditionnels cette même place que la musique prend dans vos histoires ?

 

R. B. : Au Gabon, une vraie place est accordée à la musique et notamment au chant : si le conteur chante, c’est aussi pour continuer son histoire. Le public reprend le refrain et pendant ce temps le conteur poursuit son histoire. La voix et les battements des mains sont des choses que l’on retrouve régulièrement. Ensuite, les instruments de musique ne sont pas obligatoires : il suffit qu’il y ait des battements de mains et des refrains repris par le public pour que cela fonctionne. Au Gabon, lorsque je demandais à mon père de me raconter une histoire, il me répondait : « Je veux bien mais qui va me répondre ? » Il était en effet gêné car pour lui l’histoire ne pouvait pas se faire en l’absence de personnes pour répondre. Je crée de mon côté des morceaux musicaux ou bien je reprends des morceaux issus de la tradition.

 

Les personnages des contes sont des animaux ayant des personnalités bien affirmées : comment les avez-vous construits ?

 

R. B. : On retrouve dans la tradition du conte au Gabon ces animaux aux rôles bien précis. Ainsi la tortue comme le lièvre sont des animaux rusés qui jouent des tours à tout le monde et se sortent de tous types de situations. Face à eux, il y a les animaux plus imposants comme la panthère et le lion qui finissent par se faire avoir. Ces contes débouchent sur de la morale où par exemple le petit animal finit par triompher grâce à sa ruse. Lorsque je conte, je tente de donner un caractère aux personnages soit avec la voix, soit avec une posture. Cela permet au public d’être attentif à différentes variations du récit et donne une vie réelle à mon conte. J’aime bien jouer avec les voix de mes personnages en interaction avec le public.

 

Certains de vos contes établissent des liens directs avec la réalité des spectateurs.

 

R. B. : Sur le mode ludique du récit, j’arrive tranquillement à parler par exemple de la différence, du racisme. Les contes sont un moyen de défendre des valeurs même si au bout du conte j’ignore avec quoi le public repart à la fin du spectacle. L’espoir que j’ai est que ces graines que j’ai semées donneront plus tard des choses positives.

 

Cette philosophie du conte, c’est la figure de l’étranger qui la porte, puisque c’est lui qui met en lien une communauté avec l’ailleurs.

 

R. B. : Oui, mais il faut préciser que l’étranger c’est plus largement l’autre : celui qui est assis à côté de nous. Si l’on veut prendre le temps de l’écouter, il est finalement étranger à notre propre personnalité. Si l’on accepte de l’écouter, on ne peut que s’enrichir.
J’aime la proximité en tant que conteur avec le public. Le conteur au Gabon est totalement intégré à un groupe où se trouvent également plusieurs conteurs. Avant un spectacle, j’aime bien vérifier que la proximité avec la public va se faire, même physiquement. Ainsi, je n’aime pas me retrouver haut perché sur une scène haute. Je veux être sûr que je serai proche du public et qu’il n’y aura pas de barrière entre nous.

 

Comment avez-vous choisi les contes qui composent le spectacle "L’Arbre qui parle" ?

 

R. B. : J’ai souhaité que les contes soient courts et qu’ils permettent une participation du public. Je choisis mes contes durant le spectacle en fonction de ce que je ressens du public en face de moi. Demain, je jouerai le même spectacle mais ce ne seront certainement les mêmes contes. Le spectacle est alors pour moi un grand panier où je puise allègrement différentes histoires.

 

Propos recueillis à Brioux-sur Boutonne, à l’occasion du Festival au Village.
MEDIAPART - Juillet 2014

 


 


Envoûtants contes d’Afrique
Avec Rémy Boussengui, l’espace Jean-Cocteau a ouvert ses portes à un très grand conteur. Avec art et talent, et des histoires venues d’une époque merveilleuse – « quand l’homme et l’animal parlaient la même langue, quand le lion mangeait à la table du roi, quand les tortues savaient faire preuve de ruse, quand les jeunes princesses étaient capricieuses… » – il a totalement captivé, voire envoûté, le public.
Silhouette imposante, costume coloré, élocution toujours posée, sachant parfaitement imiter tous les accents, il s’impose d’emblée sur une scène au décor minimaliste : une table, une chaise et quelques instruments de musique puis, avec subtilité, il fait très vite du public un complice en le faisant participer de la voix au spectacle.
Le conteur est aussi un chanteur et un musicien et sait utiliser à bon escient aussi bien le djembé que l’arc musical. Tel le « baobab aux racines solidement ancrées dans le sol et à la cime fièrement dressée vers le ciel… », Rémy Boussengui donne une véritable vie à ses histoires. Avec lui, on participe pleinement aux aléas des fiancés de la forêt et on apprend aussi combien il est difficile de lier « trois morceaux de rivière avec une corde de fumée… ».
Au hasard d’un autre conte, on découvrira aussi comment, « au début de l’humanité, de simples problèmes d’eau chaude et froide ont partagé les hommes en noirs et blancs ! »
Enfin, en véritable enchanteur non avare de son temps, Rémy Boussengui est capable, bien après la fin de son spectacle, de reprendre un dernier conte pour les spectateurs encore présents dans la salle.
Chapeau, Rémy !

 

LA NOUVELLE REPUBLIQUE - Novembre 2012

 


 

La bibliothèque Paul Eluard était à l’honneur (...) en recevant la première séance du Festival "Les Arts du récit" ouverte par Rémy Boussengui, conteur gabonais venu interpréter à sa façon une "Blanche-Neige" vue du continent africain. (...) SI Blanche-Neige n’a pas rencontré les sept nains, elle sera sauvée par ses sept frères victorieux d’un serpent à sept têtes.
Intarissables, le conteur nous entraine tout au long de son récit dans plusieurs contes populaires du Gabon, du Tchad, du Niger, (...). Les similitudes sont donc bien là pour rappeler que le conte n’a pas de frontières.
rémy Rémy Boussengui de sa voix chaude (..) s’aidant d’un "arc en bouche" pour rythmer ou donner du souffle à son récit, a su capter. (...) "Le conte est comme un plat qui nourrit tout le monde, on y trouve la saveur de son terroir, du sel, du piment, du poivre et de la moutarde", dira également le conteur en guise de conclusion.

 

LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ - Mai 2012

 



Une heure de rêve éveillé avec Rémy Boussengui
Rémy Boussengui a fait voyager l’auditoire dans un village gabonnais...

 

La parole était reine, samedi soir, à la salle des fêtes. Dans le cadre du festival de contes en pays de Cassel, Détours et Raccourcis, Rémy Boussengui a narré un conte intitulé « Tate Bouka, le père ».

 

Pendant plus d’une heure, Rémy Boussengui, conteur chevronné, a fait voyager environ une soixantaine d’auditeurs au coeur d’un petit village du Gabon.

 

Tate Bouka, le père, a raconté ses souvenirs au public attentif. Il fut question de polygamie, de l’époque coloniale et d’initiation à la vie...
LA VOIX DU NORD-Mars 2010

 


 

Véritable griot des temps modernes, le conteur d’origine gabonaise a conduit son auditoire sur les chemins d’une Afrique lointaine où, il y a bien longtemps, les animaux parlaient et n’hésitaient pas à se marier avec les hommes.

 

Autrefois chanteur de reggae et de funk, il a su garder dans la voix le rythme qui entraîne et permet de faire jaillir avec force les images. Il manie à merveille la langue française, ses subtilités et son humour, n’oubliant pas cependant d’utiliser les mots traditionnels de là-bas, accentués jusqu’à la parodie.

 

Rémy Boussengui, véritable magicien, raconte avec talent comment est née la différence, les Noirs et les Blancs. Comment Tortue-mâle épousa la belle princesse...

 

Facétieux et enjôleur, il sait jouer de sa voix comme d’un instrument. Parfois grave, elle peut devenir aigüe, douce, forte, véritable musique venue du coeur de l’Afrique. Quelquefois aussi, le tam tam et l’arc musical, “complices de la langue musicale” ont donné le ton à ses contes.

 

Si petits et grands ont été suspendus à ses récits, c’est que ceux-ci étaient toujours riches d’amour, d’émotion, de joie. Ils semblaient issus des rêves les plus beaux d’un peuple qui a su conserver dans sa tradition orale des racines profondes et une culture originale...

 

NICE-MATIN-Avril 2007

 


 

C’est à Mouilla, dans le sud du Gabon, que Rémy Boussengui a été initié à l’art du conte par son père. Ca ne se passait pas vraiment comme ici, où l’on récite, livre à la main, une histoire à son enfant caché sous les couvertures avant le dodo. Chez lui, ça ce faisait en groupe. Un jour qu’il était seul avec son père, il lui a demandé un conte en privé. “Comment tu veux que je te raconte, lui a t-il répondu. Il me manque la réponse ! ” Et la “réponse”, c’est le public. L’Art du conte - c’est à ce moment qu’il l’a compris - est un art collectif. Au café Vienne de la rue Sainte-Catherine, non loin de l’hôtel où logent tous les invités du festival interculturel du conte du Québec, Rémy Boussengui parle du métier de conteur qu’il exerce depuis 10 ans. L’homme est costaud, mais il a un visage rayonnant, rieur, chaleureux. Auparavant, il était dans un groupe de musique, ce qui lui a permis de développer une expérience de la scène. Il habite Bordeaux depuis une vingtaine d’années. “Je commence à être un vieux bordelais” dit-il d’une voix chaude et caverneuse. Mais il éffectue régulièrement le va-et-vient entre le Gabon et la France, histoire de se ressourcer. “J’ai baigné dans cette atmosphère du conte pendant toute mon enfance. C’est ce que je veux retrouver quand je retourne chez moi”. “Dans mon village, le conte a une fonction divertissante et éducative”, explique Rémy Boussengui. En plus des histoires, il y a les proverbes qui sont une composante importante de la parole africaine. “Au Gabon, certaines personnes ne parlent qu’avec des proverbes, qui viennent souvent appuyer une affirmation. Le proverbe, c’est un raccourci pour expliquer quelque chose. Et puis, c’est la parole des anciens, expérimentée de génération en génération”.

 

“Au village, tu t’es fâché avec le coq, dans la forêt, tu t’es fâché avec la perdrix, mais qui donc t’annoncera le lever du jour ?” peut-on lire dans le dépliant de son dernier spectacle, "La sagesse de Kofi", qui présente l’aventure d’un homme à qui on donne comme mission de récolter partout les paroles de sagesse et les conserver dans sa calebasse. Celles des hommes comme celles des animaux, car les deux sont inextricablement liés dans le conte africain, comme ce le fut, en quelque sorte, pour La Fontaine. D’ailleurs, la tortue est l’animal le plus sage et le plus rusé du panthéon animiste africain, selon Rémy Boussengui. Ce qui nous rappelle "Le Lièvre et la Tortue" qu’on a tous appris à la petite école. Et, bien sûr, on se souvient du vainqueur à la fin de la course ! “La patience, c’est une vertu qu’on a perdue de nos jours” estime le conteur dont le proverbe préféré est : “On ne se précipite pas sur un plat qui fume”.

 

Dans la culture de Rémy Boussengui, le mot étranger veut dire “celui qui arrive”. Ca peut-être un cousin éloigné, une soeur ou quelqu’un qu’on ne connaît pas. Le conteur veut que l’on soit ses “Étrangers”. Ce qu’il désire, c’est partager son univers. “La réponse des gens est très importante, confie-t-il. C’est ce qui fait vivre le conte, c’est ce qui me renseigne sur la foule. Quand je raconte, je demande aux gens de mettre leur grain de piment dans le plat que j’ai préparé. Et nous le mangeons ensemble. C’est un régal collectif. Je donne les clés de ma maison et vous venez comme vous êtes”. Le conteur n’existe pas quand il est seul.

 

Comme son personnage Kofi, Rémy Boussengui amasse depuis 10 ans les histoires qu’on lui raconte un peu partout. Sa mémoire est sa calebasse. “Si j’étais enfermé dans une pièce, je pourrais réciter pendant environ sept heures sans arrêt”, lance t-il en riant. Ses contes, il les connaît en massangou et les traduit en français, en ayant le souci de respecter le rythme et l’esprit de chacun. “Il faut que les paroles fassent partie de ma musique, croit-il. C’est une écriture vocale. Je réécris en parlant. Ma voix, c’est le crayon”. Dans son spectacle, il s’accompagne de percussions et d’un arc musical (un moungongo) qui s’apparente en quelque sorte à la guimbarde. Car le conte, c’est autant le chant que la parole. Pour Rémy Boussengui, les contes ont une valeur universelle. Seuls les lieux et les noms changent. “Partout, ce sont toujours les mêmes thèmes, les mêmes sentiments : la peur, le courage, l’amour. Tous les conteurs font appel à l’imaginaire. Ce qui change, c’est le décor, la manière de raconter et la forme des contes”. Et dans l’imaginaire du conteur, les étrangers sont toujours les bienvenus.

 

FESTIVAL INTERCULTUREL DU CONTE A MONTREAL.-octobre 2004

 


 

Dans le jargon sportif, on dirait de lui qu’il est le régional de l’étape, doublé, depuis plusieurs années, de la qualité de “pilier” à l’affiche du Festival de conte de Bordeaux-Saint-Michel.

 

(...) Pourtant, quand Rémy Boussengui revient à Saint-Mich’, ce n’est pas pour raconter des hitoires du cru. Non, fidèle entre les fidèles, le conteur professionnel l’est d’abord à sa famille et à son village gabonais, gisements inépuisables où il va se ressourcer tous les deux-trois ans, pour mieux faire ensuite “voyager” ses auditoires francophones. Car l’excellente réputation de Rémy Boussengui n’est pas seulement un fait de microcosme bordelais. Elle est aujourd’hui reconnue en Belgique, au Luxembourg, en Suisse. Manque encore le Canada, mais... écoutons-le plutôt à la terrasse de la Brasserie du passage Saint-Michel, où il est venu hier matin.

 

”Ma carrière de conteur professionnel a véritablement pris son élan un beau jour de 1992 lorsque, en région parisienne, je suis parvenu en finale d’un concours, avec sept autres artistes, pour une soixantaine de concurrents au départ. Dans l’assistance, il y avait des programmateurs. J’ai eu rapidement des commandes, ensuite tout s’est plutôt bien enchaîné...”

 

“Une ethnologue m’a dit....” A cette époque, les parents et les amis de Rémy ne soupçonnaient pas que l’”enfant du Pays” prenait, a sa manière , l’épaisseur d’un “prophète” de veillées hexagonales. Lui même ne le savait pas quelques mois plus tôt, ignorant même l’existence des conteurs professionnels, rémunérés à ce titre. Il se souvient, dans un bel éclat de rire : “En fait, j’étais complètement branché musique : africaine, reggae, funk... J’étais dans un groupe bordelais et je faisais le chanteur. Nous avions de bons auditoires. C’est une amie qui faisait des études d’ethonologie qui m’a poussé dans cette nouvelle voie. Il y avait alors le festival de Blanquefort. J’ai aussi fait les bibliothèques et puis, comme je vous disais, les autres festivals”...

 

SUD-OUEST-Mai 2006

 


 

En mémoire de la relation et de l’admiration qu’il portait à son papa, Rémy Boussengui conte les histoires qu’il lui narrait. D’origine gabonaise, il aime faire partager l’univers de son enfance et raconte les histoires de vivants et de revenants. Ce soir, Rémy Boussengui présente “Tate Bouka, le père”, au théâtre de la Rianderie. En costume traditionnel, il raconte l’histoire de son papa disparu en 1995. Tate ne sait pas quand il est né, mais il est né, c’est le principal. De là, il va naître encore, devenir un homme, par des rites initiatiques, la circoncision d’abord... et le Mouhiri (apprendre à garder les secrets, entrer dans le monde du silence). Commence alors un conte traditionnel, celui d’un jeune chasseur, d’une lance magique ou encore d’une femme antilope.

 

LA VOIX DU NORD-Juin 2005

 


 

Il y a plusieurs manières d’approcher un pays : ce qu’apportent les artistes suffit généralement à nous faire aimer ces géographies lointaines et exotiques. Alors, quant tout est gris et que les couleurs viennent à vous, autant faire la moitié du chemin et aller les écouter. Rémy Boussengui est depuis hier en Saumurois. Invité par l’équipe saumuroise d’Artisans du Monde, il s’est produit hier après-midi devant les enfants de Montsoreau et hier soir au théâtre de Saumur. Rémy Boussengui, gabonais basé à Bordeaux, est conteur professionnel : “J’ai baigné toute ma jeunesse dans la tradition orale, aussi je n’ai donc pas eu à me forcer pour puisser dans le répertoire du Gabon. Je conte aussi des histoires africaines que j’ai pris dans les livres. La plupart de ces contes sont des contes facétieux, qui font rire ou sourire, mais qui se terminent toujours par une morale ou par un enseignement. C’est la tradition africaine. Dans ces histoires, les animaux ont le beau rôle, que ce soit la tortue, le lion ou l’éléphant. Mais il y a aussi les sorciers. Le but du jeu, c’est de faire partir le public en voyage. J’essaye de les emmener là-bas, dans les forêts et les villages”.

 

La parole, la danse et le rythme Rémy Boussengui aime les allers-retours entre le public et lui. Estimant que le conte est un art - l’art du conteur étant, grâce à une technique précise, de captiver l’auditoire - Rémy Boussengui utilise comme supports l’arc musical et le chant : “le conte, c’est la parole, la danse et le rythme. Tout cela est lié”. Les enfants sont son public de prédilection : “Ils sont exigeants, on ne peut pas tricher avec eux. Parfois, j’adapte mon répertoire pour eux. Conter n’est pas facile, il faut trouver dans un répertoire des choses qui plaisent”.

 

La tradition orale est-elle toujours aussi vivace en Afrique ? “Non, il y a déperdition. Au Gabon, les jeunes maîtrisent de moins en moins nos langues d’origine. Beaucoup ne parlent plus que français. Et puis leur attention est détournée par la télévision. La transmission orale est coincée, car il y a de moins en moins de monde pour écouter. Pour parler souvent avec des amis d’autres pays d’Afrique, je sais que c’est un peu le cas aussi en Afrique francophone”.

 

Restent en tous cas, ces visages d’enfants sereins, ces adultes attentifs qui ont découverts hier, au centre de loisirs de Montsoreau et le soir au Théâtre de Saumur, un homme généreux... et sérieux derrière les facéties !

 

LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE DU CENTRE-OUEST-Février 2003

 


 

A propos de l’Arbre à Palabre

“Gens du village,,nous sommes réunis pour parler du conflit qui a opposé l’élève Bouka à sa professeur de gymnastique”. L’”ancienne”, une jeune fille du collège Pablo-Neruda de Grigny (Essonne), tient solennellement le bâton de palabre au milieu de ses camarades, sous l’oeil attentif du conteur gabonais Rémy Boussengui.

 

Une vingtaine d’élèves de 6° était réunie jeudi dans une salle de la bibliothèque municipale de la cité de la Grande Borne, pour expérimenter l’art traditionnel de la palabre africaine.

 

Objectif : apprendre à résoudre les conflits par la discussion plutôt que par la violence, selon le voeu de l’initiatrice du projet, la bibliothécaire Agnès Abellion.

 

Dans la salle de lecture aux couleurs vives, reconvertie en arbre à palabres, les enfants, assis en cercle, suivent avec animation le déroulement de la palabre présentée par cinq de leurs camarades.

 

“Bouka, pourquoi as-tu insulté ton professeur ?” a demandé Oiseau, surnom de l’ancienne. “Elle m’a donné un coup de pied” a répondu Bouka, un petit aux yeux pétillants de malice. “Qui sème le vent récolte la tempête, comme dit le proverbe”, souligne Oiseau.

 

“Et toi, le professeur, pourquoi as-tu bousculé Bouka ?, a-t-elle ajouté. "Il a refusé de cesser de se battre avec son camarade, et il m’a insultée”, réplique l’enseignante, incarnée par Soleil, jolie brune à l’air décidé.

 

“Bouka, pour racheter ta faute, il faut que tu donnes soixante excuses à ton professeur. Acceptes-tu ?", propose l’ancienne. Et Bouka, après avoir accepté de verser cette amende symbolique qui exprime la demande de pardon, serre la main de Soleil, sous les applaudissements des enfants.

 

Ce jeu de rôles insolite a été l’un des temps forts de l’atelier palabre, animé pendant une semaine à Grigny par le conteur et musicien Rémy Boussengui. Les élèves ont participé à quatre séances de deux heures, au cours desquelles ils ont découvert les proverbes traditionnels africains. Jeudi matin, une quinzaine d’entre eux a travaillé sur celui-ci : “Au village, tu t’es fâché avec le coq, dans la forêt, tu t’es fâché avec la perdrix, mais qui donc t’annoncera le lever du jour ?”

 

Chaque proverbe avait pour objectif de faire réfléchir les enfants sous un aspect de leur vie quotidienne.

 

“Dans les villages africains, on mesure la qualité d’un homme à sa maîtrise de la parole pour résoudre les problèmes de la communauté”, explique Rémy Boussengui, pour qui “les enfants de Grigny se sont prêtés au jeu avec beaucoup d’enthousiasme.”

 

Pour Agnès Abellion, bibliothécaire depuis un an à Grigny, après avoir travaillé à la Courneuve, l’enjeu d’un tel atelier est d’aider les enfants à prendre la parole en public, à s’écouter mutuellement, et à apprendre que l’on peut résoudre un conflit pacifiquement.

 

“La voix tendre apaise la colère”, résume Rémy Boussengui, en citant un proverbe africain.

 

LES DÉPECHES DE L’AFP

 

 

 

 

  

 

Dans cet ouvrage, je présente des histoires dans lesquelles les animaux brillent par leur ruse. Des histoires sur un ton ludique, mais qui soulignent l'importance de valeurs telles que la tolérance, le respect de l'autre ou la solidarité.
Ah, si seulement le Singe et l'Abeille avaient pu manger ensemble !
C'est l'écoute du CD qui plongera complètement l'auditeur dans cet univers de chaleur, d'humour, de musique et d'intonations multiples.

J’espère qu’autour de ce bouquet d’histoires se créeront de chaudes complicités, de beaux échanges.

"Mon père ne m'a légué ni château, ni lingots, mais un trésor inestimable : la parole. Cette parole qui me permet d'exister, de tisser des ponts, d'abolir les distances.
C'est à lui, Tate Bouka, que je dédie cette nouvelle flambée d'histoires, comme un joyeux boomerang.
J'ai abordé ce travail avec le même esprit qui m'a animé dans le premier livre-CD : celui de continuer à faire marcher la Parole."
 

 

Coup de cœur :

 

 "C'est mon Père qui me l'a dit"

 

Il dit aussi bien qu'il chante, d'une belle voix chaude, ample qu'il transforme à l'occasion pour la prêter à ses personnages : de l'extrême aigu de la gazelle au grave le plus profond du lion en colère en passant par le vieux Père chouintant ou la tortue chuchoteuse. 

 

Il raconte comme s'il faisait de la musique avec des phrases rythmées, ponctuées de sollicitations à l'auditeur qui reprend spontanément les refrains même chez soi, à côté de son lecteur CD. ! On imagine l'ambiance en spectacle...

 

Corne de buffle, maracas, tam-tam, arc musical, autant d'instruments dont le conteur s'accompagne et qui nous emmènent chez les "Massango", peuple bantou établi au Gabon, pays d'origine du conteur. 

 

Il nous fait rire avec ses "Trois frères" ou "Pourquoi l'Abeille et le Singe ne se parlent plus", mais derrière l'humour de ses histoires souvent contes de malices, se cachent des messages d'entr'aide, de solidarité, de tolérance qui en disent bien plus qu'un long discours. 

 

 Blog « Enfants à l'Ecoute » :  Françoise TENIER bibliothécaire :

 

Livre + CD (durée 57min), dès 4 ans

Les Editions du Jardin des Mots, Collection "Les Savoureux", 2013

ISBN : 978-2-9528176-8-4 / 56 pages

 


Pour les commander : www.lejardindesmots.fr

 

 

L’Abeille est dérangée par les mains noires du Singe... qui, lui, ne supporte pas son bourdonnement... La Tortue accuse le pauvre Gorille d’avoir mangé le miel du Lion...
Dans ces deux histoires, les animaux ne se parlent plus, ne mangent plus ensemble.... Dommage ! Car s’ils avaient mangé ensemble, ils se seraient mieux compris !
Dans cet ouvrage, je propose deux contes dans lesquels les animaux brillent par leur ruse. Présentés sur un ton ludique, ils soulignent l’importance de la tolérance, du respect de l’autre, de la solidarité... 

La critique de « Croqu’Livre » :

 

« Du miel, partout, partout... »

 

 R. Boussengui ; S. Auvin. - Le Jardin des mots. - (Les petits savoureux).

 

Deux contes pour petits (3-4 ans) très vivants, rythmés, où la parole devient partie prenante d’un accompagnement musical tout aussi entrainants. Le parti pris d’une couverture cartonnée est bienvenu pour s’adapter aux petites mains. 
Deux histoires (que l’on retrouve dans C’est mon père qui me l’a dit, mais avec une plus large part à l’illustration) nourries des contes d’Afrique (du pays du Gabon), racontées par Rémy Boussengui. La voix est chaleureuse et l’accompagnement musical composé d’instruments traditionnels. 
Les histoires mettent en scène des animaux. 
 Pourquoi le singe et l’abeille ne mangent pas ensemble ? 
L’abeille invite son ami le singe à venir manger. Mais il doit montrer patte blanche, or il se trouve que « le singe a toujours les mains noires ». Du poulet et de la banane, il n’aura que le fumet… 
Très en colère, le singe invite à son tour l’abeille à déguster du miel. A condition de laisser son « instrument devant la porte ». Mais zzzzzz « Moi je suis une Abeille, je fais tout le temps ce bruit-là ! » 
Une histoire à répétition où les onomatopées enflent, se mêlent au tam-tam, pour un conte qui prend les accents d’une mélopée hymne à la différence, à la convivialité qui prend le pas sur les méfiances. 
 Pourquoi le gorille et la tortue ne se parlent plus ? 
« Qui est le Lion ici ? Moi ! » Tel un refrain, cette phrase rythme la fête, durant laquelle on va déguster du miel… Une tortue n’en peut plus d’attendre et se sert avant tout le monde, prenant soin de brouiller les pistes et de faire accuser le gorille. « Même dans les contes, il y a des choses pas justes ? » 
Les illustrations qui évoquent les tissus africains sont très belles, originales, avec des cadrages efficaces.

 

Un album réussi !

 

 

 

Livre + CD (durée 16min), dès 3/4 ans

Les Editions du Jardin des Mots, Collection "Les Petits Savoureux", 2013

ISBN : 978-2-9528176-9-1 / 30 pages

 

Pour les commander : www.lejardindesmots.fr

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